Sauvegarde des pollinisateurs

Monarque sur asclépiade

Enviro Mille-îles lance cette année son programme de "Sauvegarde des pollinisateurs".

Nous avons produit cette année une petite quantité de semences d'asclépiades commune (Asclepias syriaca) que nous offrons gratuitement en sachet de 25 semences. Nous prioriserons les membres en règle d'Enviro Mille-Îles pour ce programme, mais si nous n'avons pas écoulé nos sachets d'ici un mois, nous accepterons également les demandes des sympathisants inscrits à notre liste d'envoi.

Pour obtenir vos semences gratuites, écrivez simplement à louisfelix@enviromilleiles.org, en indiquant votre adresse complète, et nous vous enverrons un sachet par la poste.

Si vous êtes inscrits à notre liste d'envoi (sympathisant) mais que vous n'êtes pas encore membre, nous vous invitons à devenir membre dès maintenant afin de profiter des divers avantages comme le programme de sauvegarde des pollinisateurs. L'an prochain, nous devrions avoir une plus grande quantité de semences à offrir.

Pourquoi l'asclépiade?

Pourquoi l'asclépiade est-elle si précieuse pour le monarque? Parce que c’est sur cette plante uniquement que ce papillon pondra ses œufs. De plus, l'asclépiade constitue la seule source de nourriture des chenilles lors de leur éclosion. La sève des feuilles collantes de l'asclépiade est réellement toxique pour de nombreux autres animaux, mais les chenilles de monarque peuvent tolérer les toxines de la plante, ce qui donne par la suite un goût désagréable aux adultes et diminue par le fait même le risque de se faire dévorer car plusieurs prédateurs reconnaissent et évitent le monarque.

L'asclépiade est donc une plante essentielle à la survie du monarque. Malheureusement, d'importantes baisses dans les populations de papillons monarques ont été observées au cours des deux dernières décennies (baisse de 50% en dix ans), en grande partie en raison d'une réduction drastique de l'asclépiade à travers l'Amérique du Nord. L’utilisation d'herbicides et de plantes génétiquement modifiés (OGM) dans les monocultures ont conduits à une perte de 140 millions d'hectares d’asclépiades, si vitale au cycle du monarque. En effet, la plantation de ces cultures génétiquement modifiées pour résister à l'herbicide non sélectif systémique (glyphosate Roundup ®) permet aux producteurs de pulvériser les champs avec cet herbicide au lieu de travailler le sol pour contrôler les mauvaises herbes. L'asclépiade peut cohabiter en bordure des champs cultivés de manière biologique, mais ne peut pas survivre à l'utilisation répétée de glyphosate. À noter que le développement et l’homogénéisation des "pelouses parfaites", même en campagne, est aussi en cause dans ce déclin.

Bien que les larves de papillons monarques soient spécifiquement dépendantes de leur hôte pour leur nourriture,  leurs activités en tant que pollinisateurs adultes sont plus diversifiées, et ils n’hésitent pas à polliniser des espèces végétales autre que l'asclépiade.

Cycle de vie

Le monarque effectue l'une des migrations les plus fascinante du règne animal. Au cours de ce long périple d'une distance variant entre 2000 km à 4500 km, trois ou quatre générations de monarques se succéderont. Chaque génération poursuivant la migration entamée par leurs parents, rejoignant un lieu qu'ils n'ont jamais visité auparavant.

En février et en mars de chaque année, tous les monarques hivernants dans une forêt très précise du Mexique sortent de leur dormance. En migrant vers le nord, ils pondent des œufs sur différentes espèces d'asclépiades et la génération subséquente de monarque poursuit la migration. Le cycle de reproduction continue et à la fin d’août, jusqu'à quatre générations ont vu le jour.  La quatrième et toute dernière génération a été surnommé la "super génération», car c’est elle qui entamera la longue migration vers le sud et qui vivra de sept à huit mois, contrairement aux générations précédentes qui peuvent espérer vivre de quatre à six semaines seulement. La migration de cette génération née au Québec (et ailleurs dans le nord de l'Amérique) commence généralement à la fin août car les monarques ne peuvent tolérer les climats froids (et l’asclépiade ne pousse pas l’hiver). Ces monarques rejoindront le Mexique pour le début d'un nouveau cycle.

Autres références: